Le mouvement beat

Le mouvement beat
Originellement, le terme "beat" signifiait "mou, "ramolli". Jack Kerouac y vit une connotation plus impulsive et une habile allusion au jazz. La Beat generation était née.

Leurs principes tendent majoritairement à détruire les règles de tous genres. Les écrivains beat, peu nombreux mais tous talentueux, aimaient s'évader mentalement grace à la drogue et à l'alcool, et physiquement, sur la route. Leur idéal fondateur est donc la bohème. Le beat s'oppose au square (en anglais, carré) en menant une vie marginale, hallucinée et rythmée par le voyage.

Musicalement, c'est le bop (très en vogue dans les années 50) qui faisait l'unanimité dans les esprits beat. Ils fréquentaient ardemment les boîtes de jazz noir et frissonnaient de plaisir devant Charlie Parker ou Miles Davis? Ce bop se mua a la fin des années 50 en free jazz, privilégiant la prouesse technique à la charge émotionnelle. La génération se tourna alors vers le folk de Woody Guthrie, puis de Bob Dylan qui fut contre son gré considéré comme un messie.

Les beat partageant volontiers la plupart de leurs possessions et suivant une vie de bohème furent sans surprise taxés de communisme. Ce qui est faux : le mouvement est apolitique, sinon anti-conservateur. Le suffixe -nik de Spoutnik fut alors ajouté a leur nom, faisant d'eux des Beatniks.

Aujourd'hui, Kerouac, Burroughs, Ginsberg et beaucoup d'autres sont morts d'overdose, ou de conformisme. Mais le véritable esprit de cette glorieuse génération subsiste.

# Posté le mercredi 09 novembre 2005 14:06

Modifié le mardi 12 juin 2007 08:29

Jack Kerouac

Jack Kerouac
Jack Kerouac, né (en 1922) Jean Louis Lebris de Kerouac fut un des chefs de file du mouvement.

Inventeur de la littérature de l'instant (procédé d'écriture spontané qui tend a faire coller l'écrit avec la vie), et premier écrivain à l'appliquer dans Sur la route, Kerouac. Il faisait partie du trio fondateur avec Ginsberg et Burroughs, et fut l'inventeur du terme beat qui vieillit avec lui sans mourir.

Son oeuvre principale est sans conteste Sur la route, roman clé de la beat generation, en quelque sorte la bible du mouvement. Kerouac est à lui seul représentatif du courant qu'il a lancé : vagabond, friand d'alcool et autres drogues, amoureux de la vie et des femmes, homme littéraire, amateur de bop.

Ses autres oeuvres, toutes indispensables, sont Les clochards célestes, Les souterrains, Le vagabond solitaire, et j'en passe. Ces romans sont des voyages aux gouts d'évasion, de fraternité, d'émerveillement, de mysticisme.

Jack Kerouac finit sa vie miné par l'alcool et les drogues, terrés dans des pensées désespérément conformistes, en 1969, durant l'âge d'or des hippies, rejetons fleur bleue des "beatniks".

# Posté le mercredi 09 novembre 2005 14:28

Le bop

Le bop
Le bop est le pilier central de la culture beat, puisqu'il est la musique beat par excellence, celle qui donna son nom à la generation.

Les beatniks avaient coutumes, durant la première partie du mouvement, de fréquenter les noirs pour y voir jouer des jazzmen. Ceux-ci faisaient l'objet d'un véritable culte (se référer à Sur La Route).
Qu'est-ce que le bop ? Le bop, ou plus spécifiquement BeBop, est un jazz dépourvu d'artifice privilégiant les décharges émotionnelles sur les prouesses techniques.

La réticence de la plupart des gens à écouter du jazz est cet obstacle, cette difficulté d'accès qui nécessite plusieurs écoute, avant la "capture" de la magie du morceau. Tout le monde n'est pas doté de cette patience, et a souvent tendance à préférer les riffs efficaces ou les samples aguicheurs à la volupté, la modeste beauté du jazz.

Mais le bop, le bop, il atteint notre coeur dès la première rafale et habite notre esprit dès la première note. Charlie Parker le démontre aisément. Ainsi que Lester Young. Et Dizzy Gillespie. Et d'autres.

Beat est un terme fréquemment utilisé dans le vocabulaire du jazz : le battement, la pulsation. Ce qui justifie en partie le choix de Kerouac, grand passionné de musique noire.
On apprend dans ses livres une série d'expressions "jazzistiques", la plus frappante étant le it.

Un musicien touche le it (littéralement, ça, le truc), il entre dans une transe, une euphorie, un état émotionnel rare pendant lequel on décèle une totale osmose entre l'instrument et son prpriétaire. En clair, le it est le sommet d'un solo bop, le déclencheur d'une fièvre contagieuse.

Le bop céda après quelques années de flamboiement sa place au free jazz, une musique autrement plus intellectuelle et raisonnable. Les beatniks perdirent peu à peu leur intérêt pour le jazz, au profit du folk.

# Posté le lundi 06 mars 2006 15:57